Cinq groupes hôteliers millionnaires en nombre de chambres : c’est ce qu’il ressort du Top 10 mondial publié par MKG. Un classement toujours dominé par Marriott où Accor figure en 7e position.
Un club qui n’est plus si fermé que ça. Cinq groupes hôteliers peuvent en effet se prévaloir aujourd’hui d’être millionnaire en nombre de chambres. C’est ce qu’il ressort du Top 10 de l’hôtellerie mondiale récemment dévoilé par le cabinet MKG et Hospitality On. Le groupe britannique IHG rejoint ainsi Marriott, le premier à avoir franchi cette barre symbolique en 2016 grâce au rachat de son concurrent Starwood, suivi en cela par JinJiang fin 2019, Hilton fin 2020 et le groupe chinois H World (ex Huazhu) à l’issue de l’année 2024.
Pour faire son entrée dans le top 5 mondial, IHG a profité de sa dynamique de développement aux États-Unis comme dans la région Grande Chine, marquée par l’atteinte de deux caps majeurs en 2025 : le 4000e hôtel et le 800e établissements dans ces régions respectivement. Mais l’Europe est aussi un de ses moteurs forts avec une croissance de son offre de 27% au cours des trois dernières années, soutenue notamment par une forte expansion en Allemagne, le lancement de nouvelles marques comme Garner ou encore la reprise de la marque lifestyle Ruby Hotels.

Source MKG
Néanmoins, avec presque 7000 hôtels dans le monde pour un total de 1 026 177 chambres, IHG est encore à distance respectable du leader mondial Marriott. Un groupe qui, avec son rythme de 4% à 5% de croissance par an, se rapproche petit à petit de la barre des 2 millions de chambres dans le monde. L’hôtelier américain, qui vient d’ouvrir son 10 000e hôtel dans le monde, le JW Marriott Ranthambore Resort & Spa en Inde, n’en est certes pas encore là. Mais avec plus de 1,75 million de chambres, il toise toujours de haut ses concurrents du haut de son podium.
Porté par sa domination sur le segment luxe avec ses sept marques regroupant 700 établissements, Marriott peut aussi s’appuyer pour alimenter son expansion sur son nouveau cheval de bataille, le segment milieu de gamme. En plus de s’inscrire dans la vague du long séjour midscale aux Etats-Unis avec sa nouvelle enseigne StudioRes, le groupe américain accélère le déploiement de marques régionales dédiées à cet essor comme City Express by Marriott aux Amériques, Four Points Flex by Sheraton en Europe et en Asie ou Series by Marriott, une enseigne lancée l’an dernier qui a fait une rapide percée en Inde et devrait dupliquer ce succès dans d’autres zones du monde.
Mais Marriott s’est aussi attelé à une tendance lourde du développement des groupes hôteliers : le renforcement de leur offre lifestyle. Comme IHG avec Ruby, Marriott s’est doté l’an dernier d’une marque connue des voyageurs d’affaires avec la reprise de CitizenM. Au tournant de la dernière décennie, Accor s’était déjà constitué à coup de rachats successifs un pôle lifestyle à travers sa filiale Ennismore, regroupé autour d’enseignes attractives comme Mama Shelter, The Hoxton, 25Hours, Mondrian, SLS ou Delano. D’autres groupes ont suivi le mouvement plus récemment, Marriott et IHG donc, mais aussi Hilton avec l’acquisition de NoMad et de Graduate ou Hyatt avec le rachat de The Standard, qui constitue aujourd’hui le socle de sa division lifestyle, aux côtés de ses enseignes Andaz, Thompson ou JdV.
Etoffer son offre lifestyle, soutenir son offre d’hôtels de luxe, mais aussi compter sur des marques axées sur la conversion d’hôtels existants : cette règle de trois soutient peu ou prou le développement de tous les groupes hôteliers mondiaux. En plus, bien sûr, de pouvoir s’appuyer sur les fondations solides de leurs enseignes historiques, que ce soit Courtyard ou chez Marriott, Holiday Inn chez IHG, Hilton Garden Inn et Hampton chez Hilton ou encore Novotel, Mercure ou Ibis du côté de Accor.
Soit autant d’enseignes et hôtels régulièrement fréquentés par les voyageurs d’affaires. En revanche, sauf à se rendre régulièrement en Chine, les professionnels nomades sont sans doute moins habitués aux figures de proue du deuxième groupe mondial, Jin Jiang. 7 Days, Vienna, Jin Jiang Inns, Lavande : ces enseignes seulement représentées sur le marché chinois constituent une large part du million et demi de chambres du numéro deux du classement.
Pour autant, l’offre du groupe chinois n’est sans doute pas totalement étrangère aux voyageurs dans notre partie du monde, Jin Jiang étant en effet la maison-mère de deux acteurs clés de l’hôtellerie européenne : Louvre Hotels et le groupe Radisson. Et il peut en cela s’appuyer, pour soutenir son expansion hors de Chine, sur la dynamique des marques Radisson Blu, RED ou Collection comme sur le retour aux affaires de Louvre Hotels, engagé dans un vaste et nécessaire plan de transformation, notamment pour son enseigne phare Campanile.
Si JinJiang n’affiche pas sa dimension mondiale, l’autre grand groupe chinois, anciennement connu sous le nom Huazhu, le fait plus clairement depuis qu’il s’est rebaptisé en H World Group en 2022, suite au rachat de l’hôtelier allemand Deutsche Hospitality et de ses enseignes phares telles que Steigenberger ou InterCity. Le numéro 4 de l’hôtellerie mondiale profite grâce à elles d’une position importante en Europe, dans les pays germanophones en particulier, mais sans commune mesure avec sa présence dans près de 1500 métropoles en Chine, à travers ses marques Hanting ou JI.
Comptant trois groupes dans le Top 10 mondial, avec BTH Hotels refermant ce classement, l’hôtellerie chinoise peut s’appuyer sur un marché de taille insondable, hormis les Etats-Unis. Et peut-être l’Inde. Une forteresse longtemps imprenable pour les groupes mondiaux sur fond de maquis réglementaire, de marché immobilier compliqué et de financements complexes. Mais l’année 2025 a vu ces digues s’élargir avec l’association de Accor et du conglomérat InterGlobe, la maison mère de la compagnie IndiGo, pour accélérer le développement en Inde du groupe français ou le partenariat de Marriott avec une des principales sociétés de gestion hôtelière, Concept Hospitality, pour lancer sa marque Series by Marriott en englobant une soixantaine d’hôtels de l’enseigne The Fern. Et cela sans compter une foule d’annonces d’hôtels en préparation du côté d’IHG, Hyatt ou Louvre Hotels, déjà solidement implanté depuis son rachat du groupe indien Sarovar en 2017.
Dans ce cadre, un groupe indien revient également en force au sein du top 10 mondial, Oyo. Fondé en 2013, marqué par une ascension fulgurante le conduisant à intégrer le haut du classement dès 2019, ce groupe a connu un creux avant de repartir de l’avant, notamment avec le rachat de l’enseigne économique Motel 6 aux Etats-Unis, auprès de Blackstone. Proche d’entrer en bourse sous le nom de Prism, cet acteur au parcours sinueux a fait un bond sensible au classement grâce à une croissance de près de 60% de son offre. De quoi dépasser Accor, septième groupe mondial avec plus de 5800 hôtels et près de 900 000 chambres.
Nouvelle suite au Pulllman Paris Tour Eiffel
Une des 398 chambres et suites du Sofitel New York.
S’il ne peut compter sur un marché domestique de la taille de tous ces concurrents, le groupe français a réussi à se donner au fil de son histoire une place prééminente en Europe, pour prendre plus récemment le rôle de leader dans quasiment toutes les zones du monde, Etats-Unis et Chine exceptés, tout en devenant un acteur majeur du luxe avec des marques comme Raffles ou Fairmont ou encore Orient-Express, une légende de retour sur les rails, les mers et sur terre avec un premier hôtel ouvert l’an dernier à Rome.
En plus de cela ou d’un pôle lifestyle parmi les plus étoffés du monde hôtelier, Accor s’est attelé ces dernières années au renouveau de marques bien établies, en particulier Sofitel dans le luxe et celles de sa division Premium, Milieu de Gamme et Économie (PME) plus globalement. Cette phase de transformation et de remise à niveau a conduit sinon à la sortie, en tout cas à la rénovation de certains hôtels « détracteurs ». D’où une croissance nette de la division PME de 3% l’an dernier alors que le portefeuille luxe & lifestyle s’est étoffé en parallèle de 7,5%. Une stratégie qui porte ses fruits puisque le pipeline – les projets d’hôtels confirmées – pour cette même division PME affiche une croissance de 11,6%, contre 5,9% pour le luxe et le lifestyle. D’où des perspectives positives pour les années à venir.
Parmi les grands groupes hôteliers mondiaux, respectivement aux 8e et 9e places du Top 10, les deux franchiseurs américains Choice et Wyndham ont connu des fortunes diverses. Choice Hotels a compensé l’optimisation de son portefeuille aux Etats-Unis – d’où une baisse de 2,4% de son offre outre Atlantique – par une croissance record à l’international (+12,5%) pour finir l’année en légère expansion. De son côté, Wyndham a subi l’an dernier la rupture de l’accord de master franchise pour sa marque Super 8 en Chine, d’où un recul de 3,8% selon le classement publié par MKG. En excluant cela, Wyndham annonce une croissance de son offre de 4%, avec une quasi stabilité aux Etats-Unis (+1%) en plus d’une dynamique dans les régions EMEA et Amérique Latine (+7%).
Source : https://www.voyages-d-affaires.com/
